Le Costa Rica n’a jamais connu l’importante culture indigène des empires maya, aztèque ou inca. À leur arrivée, les Européens trouvèrent des foyers indigènes d’ethnies très différentes. La plupart de ces groupes vivaient d’une agriculture de subsistance, de chasse et de pêche et étaient administrés par un chef, le cacique. Les historiens tendent à situer les populations indigènes du Costa Rica dans une zone intermédiaire, au recoupement des cultures mésoaméricaine et andine. Des études génétiques et linguistiques indiquent que le sud du Costa Rica a été occupé par des ethnies parlant différentes langues chibchanes d’Amérique du Sud (l’actuelle Colombie) depuis au moins dix mille ans. Les peuples parlant des langues nahuatl originaires du Mexique seraient arrivés dans le Pacifique Nord (Guanacaste) vers 900 ans av. J.-C.
L’arrivée des Espagnols à la fin du XVIe siècle, avec leur système esclavagiste, refoula les indigènes dans les montagnes de Talamanca dans le sud du pays. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les tribus furent décimées par les maladies apportées par les conquistadors plutôt que par un génocide dirigé. Aujourd’hui, on estime leur population à quelque cent mille âmes, soit 2,4% de la population totale. On dénombre huit grandes tribus réparties dans 24 réserves isolées : Cabécar, Bribri, Boruca, Guaymi, Terraba, Guatuso/Maleku, Chorotega et Huetar.
L’impact des indigènes sur le Costa Rica moderne est relativement limité dû à l’absence d’une réelle civilisation au départ. Nombre d’entre eux furent assimilés dans la société coloniale espagnole par mariage. La majorité des Costariciens d’aujourd’hui sont donc le fruit d’un métissage des races indienne, européenne et noire (de la province de Limón).
À l’exception des Chorotegas qui se sont mêlés à la société costaricienne dans le nord-ouest du pays, la plupart des tribus indigènes sont reléguées aux régions reculées de la Cordillera de Talamanca et du Sud-Ouest Pacifique. Mais beaucoup d’entre eux se mêlent librement aux Costariciens, partagent la même nourriture, regardent les mêmes programmes de télévision... Outre les Guaymis, dont les femmes revêtent encore les robes traditionnelles, la plupart portent des habits occidentaux. Il est rare que les tribus parlent encore leur langue ; les mieux préservées sont le maleku, le guaymi, le cabécar et le bribri.
La société costaricienne a toutefois adopté certains plats culinaires (tamales) et mots de vocabulaire (lieux géographiques, noms de villes) et revendique l’art indigène, notamment les céramiques chorotegas. Les danses animistes borucas font également partie du folklore costaricien.
Les communautés indigènes du Costa Rica s’intègrent toutes, à des degrés divers, dans la société courante. Les indigènes restent essentiellement des agriculteurs, cultivant le maïs, les haricots, le manioc, les patates douces et autres tubercules, les courges, les péjibayes et le cacao. Depuis l’ère coloniale se sont rajoutés les bananes, les bananes plantains, le riz et, plus tard, le café. L’éventail s’est encore élargi récemment avec les agrumes et les cœurs de palmier. Tous cultivent encore des plantes sauvages qui leur procurent nourriture, médicaments et matériaux de construction pour leurs maisons et la fabrication d’objets usuels. Ils élèvent souvent des animaux domestiques (porcs, poulets, dindons) et fabriquent des objets artisanaux qu’ils vendent comme souvenirs.
Les indigènes ont toujours travaillé pour les Costariciens blancs. Les structures gouvernementales et administratives costariciennes se superposent à la structure sociétale des différentes tribus et de nombreuses communautés comptent un office de police rural. Le respect de la religion et les normes familiales contribuent aussi au maintien de l’ordre. Les indigènes sont souvent catholiques, mais les protestants, bahá’ís, évangélistes ou témoins de Jehova ont aussi influencé leurs systèmes de croyances traditionnels. Cela étant, ils vouent encore un profond respect au chamane et aux anciens de la tribu. La plupart des indiens font confiance à la médecine moderne en parallèle à la pharmacopée traditionnelle, deux pratiques qu’ils considèrent comme complémentaires, et il y a souvent des dispensaires de santé aux abords des villages.
En 1977, le gouvernement du Costa Rica vota la loi No 6172 pour l’établissement de réserves indigènes à travers le pays. Celle-ci leur conférait le droit de disposer d’eux-mêmes sans intervention du gouvernement de la Vallée Centrale. Ces 20 dernières années, les réserves se sont ouvertes timidement au tourisme et il est possible d’en visiter certaines pour faire connaissance avec la culture indigène et ses anciens rituels. Paradoxalement, cette ouverture sur l’extérieur est ce qui leur permet de générer les ressources nécessaires au maintien de leur style de vie traditionnel.
Les sphères mégalithiques du Costa Rica sont une curiosité archéologique majeure. Depuis les années 30, on a recensé des centaines de pierres rondes mesurant de quelques centimètres à plus de deux mètres de diamètre. Presque toutes sont faites en granodiorite, une pierre plutonique très dure. Certaines pèsent plusieurs tonnes. Tout laisse à penser que ces structures monolithiques seraient l’œuvre de la main de l’homme. Fascinantes et superbes, ces pétrosphères ornent aujourd’hui l’extérieur des bâtiments administratifs, demeures privées, musées, jardins, hôpitaux, églises... Pour les admirer, visitez le Parque Central de Palmar ou le Museo Nacional à San José où certains spécimens sont exposés.
Mais quel est le mystère de ces sphères énigmatiques ? Le conquistador espagnol Francisco Pizarro est le premier à en rapporter l’existence en 1547. Elles sont ensuite oubliées puis redécouvertes par hasard dans les années 30 par la United Fruit Company alors qu’elle déboise de grandes étendues de terre dans le delta de Diquís pour y créer des plantations de bananes. Tristement, nombre d’entre elles sont alors détruites par les travailleurs, qui les brisent à la dynamite pour voir si elles contiennent de l’or.
Le cacao est sacré pour les peuples indigènes du sud du Costa Rica et sa boisson chocolatée a une place prépondérante dans toutes les cérémonies importantes (naissances, enterrements, rites de passage). Selon une légende bribri, le cacaoyer était autrefois une femme que le dieu Sibú, créateur de l’univers, avait transformée en arbre.
Les indigènes vénèrent le cacao. Ses fèves, aussi sacrées que l’or ou le jade, servaient de monnaie d’échange à l’époque précolombienne. Les Bribris utilisaient aussi le chocolat comme moyen de purification et de guérison. La plante a en effet de nombreuses vertus curatives : les décoctions de cacao et de cannelle abaissent la fièvre, les massages au beurre de cacao apaisent les peaux sèches et irritées, etc. Le cacao était une des principales industries au Costa Rica durant l’ère précolombienne, avant d’être détrôné par le café et le tabac à la fin du XVIIIe siècle.
Le cacaoyer
Le cacaoyer (Theobroma cacao, qui signifie « breuvage des dieux » en grec) est une espèce tropicale probablement originaire du Mexique. C’est une des rares cultures qui ne nécessite par la déforestation du territoire, car le cacaoyer apprécie l’ombre et peut être planté sous la canopée des grands arbres des forêts existantes. L’arbre, taillé à 6 m ou 8 m de hauteur, produit chaque année jusqu’à cent mille fleurs blanches ou légèrement rosées, dont seule une sur cinq cents donnera un fruit. Ces derniers, appelés cabosses, sont de grosses baies allongées de 15 à 20 cm de long qui ressemblent à des ballons de rugby. Elles ont la particularité de pousser sur les branches principales et à même le tronc, ce qui donne à l’arbre un aspect assez curieux. Les cabosses renferment entre 20 et 70 fèves disposées en épi et riches en matières grasses. Les fèves ont une sa
La majorité du cacao costaricien vient des plaines caraïbes abondamment arrosées par les pluies. C’est donc dans la région de Puerto Viejo et Cahuita que vous trouverez de nombreux Chocolate Tours, dont la plupart se trouvent sur des plantations d’indigènes bribris, une des tribus les plus accessibles et ouvertes sur le monde extérieur. Les visiteurs sont introduits à l’histoire du cacao et au processus de transformation de la fève en chocolat. Ils peuvent même parfois confectionner leur propre barre de chocolat. Les tours se terminent généralement par une dégustation... et l’achat de quelques gourmandises. Le chocolat biologique fait de jolis présents à ramener chez soi.