Monumento Nacional Guayabo

Monumento Nacional Guayabo

Dans les contreforts du volcan Turrialba reposent les vestiges d’une ancienne cité précolombienne : Guayabo, le plus important site archéologique du Costa Rica. Ce lieu énigmatique de 218 ha revêt une importance culturelle et religieuse capitales, au point d’avoir été sacré monument national le 13 août 1973. Le Monumento Nacional Guayabo a été reconnu Patrimoine mondial de l’ingénierie par la Société américaine de génie civil (American Society of Civil Engineers) en raison de la complexité et de la durabilité de ses œuvres de génie civil, une distinction qu’elle doit en particulier à sa chaussée pavée, longue de plusieurs kilomètres et construite avec des pierres extraites de la rivière il y a plusieurs centaines d’années. Plus incroyable, son système d’aqueducs complexe, édifié il y plus de sept cents ans, fonctionne encore !

Datant vraisemblablement de 1 500 av. J.C., Guayabo connut son âge d’or entre 300 et 700 de notre ère. Cette ville bruyante et animée aurait accueilli jusqu’à dix mille habitants avant d’être mystérieusement abandonnée environ cent ans avant l’arrivée des conquistadors espagnols. On ne connaît pas la raison de son déclin, mais les hypothèses les plus plausibles sont la maladie, la guerre ou une guerre civile. Aujourd’hui, la cité semble trop petite pour avoir abrité une population de plusieurs milliers de personnes. En réalité, le site reste en grande partie inexploré. À peine quatre hectares ont été excavés à ce jour, mais les archéologues estiment que la zone s’étend sur une vingtaine d’hectares.

Info pratiques:

Une salle d’exposition attenante aux ruines présente une maquette de ce qu’avait dû être la cité autrefois, mais c’est au Museo Nacional de San José que sont exposés la plupart des artefacts de cette civilisation perdue, dont de superbes cloches en or, des poteries, des outils en silex, des tablettes gravées, etc.

Le Monumento Nacional Guayabo ne propose pas de tour guidé officiel. Le site se visite librement mais il n’est pas facile d’interpréter ce qu’on y voit, car le dépliant remis à l’entrée est un peu sommaire. En revanche, il est possible de réserver un guide local à l’hôtel où vous êtes descendu. Situé à seulement 19 km de la ville de Turrialba, le site est accessible en bus, en taxi ou en voiture par une route carrossable toute l’année. Guayabo est encore relativement peu fréquenté des touristes et promet une visite paisible, ce qui ne fait qu'ajouter à son charme mystique.

L’art indigène

Depuis des temps immémoriaux, les indigènes du Costa Rica produisent de magnifiques objets de la vie courante et de cérémonie. Les céramiques des Chorotegas, les jícaras des Bribris, les textiles des Guaymis et les pierres sculptées des Malekus fascinent et émerveillent par l’habileté et la passion des artisans et par la beauté des motifs, lourds de signification. Chaque objet est unique, empreint d’une belle élégance. L’art indigène contemporain est pétri de tradition ancestrale, puisant dans une iconographie millénaire qui porte encore en elle les histoires du passé. Ces reproductions modernes sont aussi authentiques que les originaux car elles utilisent les mêmes argiles, pierres et minéraux qu’à l’époque. Les procédés de fabrication, matériaux et outils sont identiques à ceux employés il y a un millier d'années, recréant l’esprit des pièces originales. La synthèse d’un art ancestral associé à la créativité de l’artiste moderne crée un art dynamique, expression d’une culture indigène encore bien vivante aujourd’hui.

Céramiques

Les villages de Guaitil et de San Vicente dans la Península de Nicoya (Guanacaste) perpétuent la tradition céramiste des Chorotegas vieille de 800 ans. Toutes les poteries sont fabriquées entièrement à la main avec des outils et matériaux naturels. Chaque objet est orné de motifs animaliers très élaborés en noir, rouge et blanc, symboles de fertilité pour les Chorotegas. Pots, coupes, assiettes, vases de tailles et de formes diverses… quel que soit l’objet que vous achetez, vous repartirez avec la certitude d’avoir une pièce unique, faite entièrement dans les règles de l’art.

Le saviez-vous? La matière première entrant dans la fabrication de l’argile est connue sous le nom d’arena de iguana (sable d’iguane), car il s’agit du sable dans lequel les iguanes pondent leurs œufs.

Jícaras

Qu’est-ce donc qu’un jícara ? Le jícara est le fruit de l’arbre tropical du même nom qui a la particularité de durcir en séchant. Au fil du temps, il a servi de gourde pour transporter l’eau, d’ustensile de cuisine, de récipient pour conserver les aliments, semer le grain ou fermenter l’alcool de maïs (chicha), d’instrument de musique, de jouet pour enfants... et comme véhicule de choix pour un riche art indigène. Le fruit évidé de sa pulpe est séché au soleil jusqu’à devenir très dure. Sur cette coque durcie, les artistes gravent une riche iconographie en piquant avec une aiguille, puis en retirant la peau autour du dessin. Les Bribris ont acquis une notoriété particulière pour cet art, mais les Borucas, Terrabas ou Malekus ne sont pas de reste, chacun avec son style individuel.

Masques borucas

Fabriqués par les Borucas, ces superbes masques en bois étaient confectionnés dans l’unique but d’être portés lors de la Fiesta de los Diablitos (fête des petits diables), qui commémore la lutte acharnée de ces indigènes contre les conquistadors. Hauts en couleur, ils représentent traditionnellement des animaux extraordinaires et terrifiants, même si les motifs féroces ont pris, avec le temps, un air plus contemporain. Tous requièrent de nombreuses heures de travail par des artisans chevronnés. Le bois, le plus souvent du balsa, est sculpté puis peint en couches successives en accordant une attention particulière à la disposition de chaque motif. Chaque masque est unique et raconte une histoire en rapport avec la création et la préservation de l’ethnie boruca. Leur vente est d’ailleurs la principale source de revenus de la tribu. Préférez les masques déjà utilisés : on dit qu’ils renferment des pouvoirs magiques!

L’art textile

Toutes les ethnies indigènes du Costa Rica ont une longue tradition textile perpétuée dans la confection de vêtements, sacs, hamacs, napperons... et chemins de tables, apparus plus récemment à la demande des touristes. Les Borucas sont particulièrement réputés pour leur art textile. Ils cultivent leur propre coton que les femmes filent à la main puis teignent avec des teintures naturelles élaborées à partir d’écorces, de feuilles, de racines, de coquillages, de mollusques et d’escargots de mer selon des techniques ancestrales. Les fils colorés sont ensuite tissés à la main sur de grands métiers à tisser ou de petits métiers portatifs qui s’attachent par une courroie passée dans le dos. Il n’existe pas de patrons ou de catalogue pour les motifs ; ceux-ci sont transmis d’un artisan à l’autre au fil des générations. Douze femmes borucas ont formé le groupe artisanal Sô Cagrú afin d’éduquer les visiteurs à leurs traditions, dans l’espoir de préserver leur culture en voie de disparition.

Le tissage de fibres végétales

Tous les groupes indigènes du Costa Rica ont un grand savoir-faire dans le tissage de fibres végétales, comme en témoigne la création des toits de palme tressée de leurs huttes traditionnelles. Il existe à la vente une vaste gamme de paniers, chapeaux, sacs, sacs à dos, porte-monnaie ainsi que toutes sortes d’objets décoratifs. Les hamacs sont certainement un des produits les plus attractifs. Très décoratifs, ils présentent des coloris et des techniques de tressage très variés. Les femmes huetars sont expertes dans le tissage de fibres végétales en tous genres (roseau, paille, palme, liane et fibre de plantain). Elles sont devenues de grandes spécialistes des colorants végétaux qu’elles utilisent pour teindre les fibres, tirant les couleurs pastel de l’ébullition d’essences naturelles d’ajilla, de cucharilla, de chira, de tule et de yuquilla.

L’ababite, une écorce aux mille usages

L’ababite (Castilla elastica), connue aussi sous le nom de mastate chez les indiens guaymis du Costa Rica, mesure une trentaine de mètres de haut pour un tronc de 80 cm de diamètre. Les indigènes fabriquent toutes sortes d’objets avec son écorce comme des paniers, des couvertures, des tapis, des robes... De grandes expéditions dans la forêt tropicale sont nécessaires pour identifier les arbres adéquats. Le tronc est découpé verticalement dans le sens de la fibre, puis on retire à la machette l’écorce pour extraire la couche interne qui doit se détacher comme une feuille de papier. Celle-ci est aplatie au maillet afin de l’assouplir, lavée puis séchée au soleil. Le résultat est une « plaque » molle, très malléable, qui peut être assemblée comme du tissu. Les Guaymis sont réputés pour cet art parce qu’ils peignent l’écorce avec des encres extraites de pulpe de feuilles et de racines. Deux couleurs, le jaune lumineux et le marron-rouge, donnent toute une gamme de teintes en modulant la cuisson et l’évaporation. Elles sont appliquées avec le doigt, avec une brindille enroulée d’une ficelle ou avec un simple chiffon.